Un élément s’est transformé dans notre monde moderne : l’idée de réussite, de performance qui sous-tend chacune de nos actions dans notre vie personnelle comme professionnelle.

Cette injonction sociétale nous pousse à toujours chercher plus : plus de performance, plus d’argent, acquérir plus de choses … la pression augmente ! Résultat, on court après le temps, l’argent, ce qui génère plus de travail et plus de fatigue. Cette pression se retrouve dans le monde professionnel avec les crises et le chômage qui ont crée un climat d’incertitude, mais aussi dans le milieu scolaire.



 Pourtant, le stress est un ami ! C’est notre système de défense. Il nous donne les ressources nécessaires quand nous sommes dans une situation difficile. Ce signal libère de l’adrénaline, hormone qui va déclencher l’augmentation du rythme cardiaque et amener le sang au cerveau.

Ce système n’a guère évolué et reste archaïque. Il nous permet d’avoir de la ressource pour attaquer ou fuir une situation dangereuse.
Toutefois, de nos jours, cette réaction n’est plus tout à fait adaptée : difficile de fuir ou d’attaquer lors d’un examen ou d’un entretien …
Le stress peut alors diminuer la compétence que l’on souhaitait mobiliser. Le sang affluant dans le cerveau fait perdre le cours de sa pensée, le sang dans les muscles (pour courir ou frapper) va créer des contractures ou tensions, une accélération du rythme cardiaque qui peut donner une impression de panique intérieure, difficile à canaliser.
Mais tout cela n’est qu’un enjeu de perception et si l’on comprend le fonctionnement du stress et son caractère inaliénable, on ne lutte pas contre ses effets mais on les accompagne et soit on essaye de les éteindre plus rapidement, soit on en tire parti.

Alors à quel moment faut-il accepter de s’inquiéter ?


Quand le seuil du « bon stress » (libération d’adrénaline ponctuelle) est dépassé et que la situation stressante perdure dans le temps, le corps passe le relais au cortisol. Et là, tout devient complexe ! 
Les décharges de cortisol (hormone du stress) permettent le maintien sous tension mais nous ne sommes pas faits pour être constamment sous pression. Et cette surcharge d’hormones est fatigante pour le corps, cela peut entraîner des troubles de tout ordre : digestif, rénaux, cardiaques, musculaires … Si l’on ne fait rien pour arrêter ce processus, l’épuisement guette !
Si vous observez des troubles du sommeil, des douleurs physiques, des migraines …, c’est que votre corps vous envoie des signaux pour vous dire « STOP ! ». Il est temps de remettre de l’équilibre.

Être vigilant pour ne pas dépasser la frontière de l’épuisement
Très souvent, on a conscience d’avoir dépassé cette limite lorsqu’il est trop tard. A l’image d’un tableau de bord, nous sommes à l’équilibre lorsque nous sommes dans le vert. Parfois des pics de stress nous amènent dans l’orange. On reconnaît cet état lorsqu’on souffre d’insomnies, d’irritabilité, de fatigue, de troubles de l’attention.
A ce stade, il nous est possible de remonter la pente en prenant soin de nous, en faisant du sport, en pratiquant des activités pour nous ressourcer, en prenant du recul par rapport à la situation stressante.
Mais si le stress perdure, on entre alors dans la zone rouge et à n’importe quel moment, on peut basculer dans la zone noire de l’épuisement, où le cerveau coupe tout pour se préserver.
Malheureusement, nous ne sommes pas tous égaux face au stress. Selon notre patrimoine génétique, il y a une part d’inégalité vis-à-vis des neurotransmetteurs. Il n’existe pas de personnes fortes ou faibles face au stress, mais seulement des personnes qui ont déjà plus ou moins de ressource pour le gérer.

Comment savoir dans quelle phase nous sommes ?




Il est important d’apprendre à s’écouter car les limites sont ténues. Le stress court-circuite les zones de raisonnement et d’organisation de la pensée.
Le bon stress est transitoire et bref. Il doit nous donner une dose d’énergie supplémentaire pour arriver à surmonter la situation. Si vous sentez un basculement au niveau de votre humeur ou des signes physiques, ce n’est déjà plus du bon stress.
Si vous vous sentez démuni face à la situation, il faut demander de l’aide. Ce n’est, en aucun cas, un signe de faiblesse mais, bien au contraire, la force de reconnaître ses limites comme tout être humain et de développer de nouvelles compétences pour faire face.
Le stress est mal perçu par la société. Pour autant, c’est un fonctionnement naturel du corps. Il faut apprendre à le lire, le comprendre et à s’adapter, mais pour cela il faut les bons outils.

Comment traiter le stress ?

Dans un premier temps, il est nécessaire de former et d’informer car on ne traite pas le stress mais les conséquences d’un stress trop long ou des mécanismes inefficaces.
Ensuite, si vous vous sentez dans l’orange ou le rouge, il existe un panel de solutions et d’outils comme le sport, la réorganisation du quotidien, une nouvelle planification du travail…
Je propose des ateliers pour identifier les problématiques en jeu et prendre connaissance d’outils pour retrouver l’équilibre.

S’en sortir seul, c’est possible ?
Dans l’absolu oui, mais la question est « Pourquoi ? »
Nous avons souvent l’impression que combattre une situation seul a quelque chose de plus victorieux, courageux. Pourtant, pourquoi mettre plus de temps à régler une situation seul quand on a la possibilité de le faire plus vite et mieux en se faisant accompagner avec des outils éprouvés et pertinents.

 

Delphine Laurent                                                                                                                                                                                              
Coach en développement personnel

Formatrice en gestion du stress